(0:00) Bonjour, moi c’est Virginie et j’ai créé l’atelier Manufacture Hardy en 2021 et je vais vous raconter mon parcours. C’est parti !
RMTP : Quel genre d’enfant étais-tu ?
(0:12) Une enfant qui était rêveuse, qui était tout le temps dans la lune. Pendant toute mon enfance j’ai entendu ça, donc à l’âge où on m’a (0:18) demandé quel métier on veut faire, (0:21) instituteur, cuisinier, boulanger, ben moi je voulais être (0:22) astronaute et ça faisait rire tout le monde parce qu’en fait tout le monde me demandait mais pourquoi tu veux être astronaute ? (0:27) Parce que je veux aller dans la lune puisqu’il paraît que je suis tout le temps dans la lune, voilà.
(0:30) Ma maman, elle était très passionnée par l’histoire et (0:34) l’art et donc on a beaucoup voyagé avec elle pour visiter des musées, des églises, des villes extraordinaires. (0:41) Et mon papa, il était passionné par les voitures, un bricoleur de génie, il aimait beaucoup la mécanique auto. A la maison, il (0:46) collectionnait les voitures un peu sportives comme une berlinette, la A110, c’est la première dont moi je me souviens.
(0:52) Mais avant il avait eu une Dauphine et puis il avait eu une Panhard, une Jaguar, enfin il a eu beaucoup de voitures (0:56) différentes dans sa vie. Pour m’impliquer dans sa passion, il m’avait fabriqué un kart avec un moteur de tondeuse, on avait fabriqué ça tous les deux. (1:04) C’est là que j’ai pris mes premiers cours de conduite, j’avais 11 ans. Donc cette passion de l’artisanat bien fait et du temps qu’on accorde pour (1:10) réaliser une belle chose.
RMTP : Quel a été ton parcours scolaire ?
J’étais plutôt une élève moyenne, donc du coup un lycée général et puis j’avais une maman féministe (1:16) qui voulait absolument que ses trois filles aient un métier et soient autonomes et indépendantes financièrement. (1:21) Donc voilà j’ai eu un bac plus cinq en gestion de projets puis j’ai fait une bonne vingtaine de ma carrière dans ce domaine là, (1:28) dans différentes entreprises.
RMTP : Comment t’est venue ta passion pour le cuir ?
En fait j’étais cavalière et un jour (1:31) j’ai mis mes filles à cheval et elles ont commencé à casser leurs matos, des brides, à casser des sanglons et donc il fallait que je trouve (1:38) quelqu’un pour réparer tout ça. J’ai rencontré un cellier harnasheur qui travaillait au Hara national du Lion d’Angers. Avec lui j’ai fait mes premières (1:45) réparations et assez rapidement il m’a proposé de me donner les outils et de (1:49) débrouiller moi-même.
C’est comme ça un peu que j’ai pris le virus et je voulais plus quitter son atelier donc je me suis dit qu’il fallait (1:54) que je fasse quelque chose dans le luxe et dans le cuir. J’avais aussi je pense fait le tour de ma carrière, (1:59) j’avais envie de rebondir et je me suis dit pourquoi pas revenir à un métier plus créatif, (2:04) plus manuel et l’envie aussi d’être à mon compte et de me lancer en tant qu’indépendante.
RMTP : Comment as-tu acté ta reconversion ?
Donc je me suis reconvertie, (2:11) j’ai fait un CAP de maroquinerie et pendant deux ans j’ai fait un peu comme un genre de compagnonnage à ma manière.
(2:17) Je suis allée vers plein d’artisans qui m’ont ouvert leurs portes et qui m’ont montré leur savoir-faire, (2:21) donc du gainage de volant, de la malaiterie, du cuir exotique. (2:26) J’ai travaillé pour des sous-traitants du luxe. Après cette période là de formation, j’ai décidé de me lancer à mon compte, j’ai fait aucune étude.
(2:34) Je n’ai pas fait d’études de marché, je n’ai pas fait de business plan, je n’ai pas du tout réfléchi aux produits que je voulais (2:38) mettre sur le marché et du coup je me suis rendu compte (2:40) dans les premiers salons que j’ai fait où j’ai commencé à exposer mes produits qui partaient un peu dans tous les sens et que (2:45) les gens qui étaient plutôt intéressés par mes produits, c’était plutôt des hommes et ils étaient particulièrement intéressés par les mâles et les valises (2:51) que j’avais soit créés, soit restaurés et c’est eux un peu qui m’ont mis la puce à l’oreille en me disant vous ne pourriez pas fabriquer (2:57) ça pour des voitures, moi j’ai telle voiture, (3:00) j’arrive pas, j’ai pas de bagages qui vont dedans. Tout d’un coup, je reliais l’univers de mon enfance avec mon papa, toute cette culture dans (3:06) laquelle j’avais baigné à l’univers que j’étais en train de créer en maroquinerie. Pour sauter le pas, je pense qu’il faut se faire confiance.
RMTP : Quel est ton conseil pour réussir à se lance ?
(3:11) Il faut être consciente que ce qu’on a ne nous satisfait plus et il faut écouter à ce moment-là son coeur, sa tête, (3:20) son esprit, son intuition et foncer quand on sent qu’on est prêt à s’entourer et d’être accompagné.
RMTP : Et ton conseil pour perdurer ?
(3:24) On a quelques talents mais on ne les a pas tous pour être entrepreneur. Il y a des choses qui sont bien mieux faites par (3:29) les autres.
Ils vont nous faire aller beaucoup plus vite parce qu’eux, ils maîtrisent, ils sont experts dans leur domaine. (3:34) S’appuyer sur eux, ça nous dégage du temps pour créer, pour développer et être plus fort après pour se différencier des autres.
RMTP : Un petit mot de la fin ?
(3:40) Je voudrais remercier Jean-Marie qui a été ce fameux maître artisan qui m’a mis la main dans les mâles et même aujourd’hui, il m’accompagne (3:46) encore de ses conseils et de sa présence.
Sandrine de Safimex récemment qui, elle, m’a aidée à passer le cap de l’auto-entreprise vers la (3:54) SARL en allant oser présenter mon dossier à des banques. On se dit que si les banques nous suivent dans notre projet, c’est qu’il est (4:00) viable, il est costaud, il est attractif et qu’on nous fait confiance et ça, c’est super important.



